JFondées
durant l'Epoque mérovingienne par des moines évangélisateurs
venus d'autres pays, les abbayes furent durant tout le haut Moyen Age
le conservatoire de la culture et de la pensée. Elles jouèrent
un rôle essentiel dans la transmission du savoir antique, tant
philosophique que littéraire ou technique, malgré les
invasions normandes et hongroises qui les atteignirent.
Les
grands mouvements monacaux qui se sont développés
du Xème au XIllème siècles ont évidemment
trouvé à s'implanter aux Pays-Bas, reprenant parfois
des abbayes ou des lieux de prière dont la fondation était
plus ancienne. Le pouvoir a généralement accordé sa
protection aux abbayes, car elles apportaient un contre poids aux turbulences
féodales et constituaient un facteur de stabilité.
Bénédictins, cisterciens, norbertins ont participés à ce
développement monacal.
La
prospérité des abbayes à la fin du Moyen Age éveilla
sans conteste les jalousies ! Si elles n’échappèrent
pas toujours aux destructions nées de guerres féodales,
elles furent par contre l’objet direct du ressentiment d’une
partie de la population dès le XVIème siècle :
plusieurs abbayes furent en effet pillées lors des guerres de
religion (par les gueux)..
Après la reprise en main du sud des Pays-Bas, les souverains
espagnols encouragèrent beaucoup les ordres religieux, voulant
en faire un bastion catholique face au monde protestant.
Au
cours du XVIIème siècle, les guerres entre la France
et l’Espagne, eurent les Pays-Bas pour champ de bataille. Plusieurs
abbayes furent pillées et nécessitèrent dès
lors d'importants travaux de restauration. Période de paix et
de prospérité, le XVIIIème siècle permit
ces travaux et de nombreuses abbayes furent même complètement
reconstruites
Les
abbayes atteignirent cependant une opulence qui suscita une opposition
notamment des philosophes.
Cela conduisit à une réputation
de moines paresseux et profiteurs. En fait, les ordres religieux immobilisaient
les richesses que les forces montantes (bourgeoisie entreprenante et
une frange de la noblesse) souhaitaient voir circuler, ou mettre en
valeur d'une autre manière. Aux Pays-Bas autrichiens, les ordres
religieux occupaient près du tiers du sol national et étaient
la cause d’un certain immobilisme.